Les lobby et la politique suisse

Publié le par organik

Je mets le début d'un article pris sur le site internet Hrbdo (magazine suisse).
" Comment on achète les parlementaires

Enquête exclusive Influencés à coups de conseils d'administration et de petits fours, désespérément à la recherche d'idées, les députés fédéraux votent-ils encore en toute indépendance? Chaque année, divers lobbies leur versent au moins 10 millions de francs, un chiffre jamais révélé.

L'Hebdo; 2005-03-10

Les lobbies plus puissants que jamais Comment on achète les parlementaires

Enquête exclusive Influencés à coups de conseils d'administration et de petits fours, désespérément à la recherche d'idées, les députés fédéraux votent-ils encore en toute indépendance? Chaque année, divers lobbies leur versent au moins 10 millions de francs, un chiffre jamais révélé.

Dossier réalisé par Titus Plattner

«Les membres de l'Assemblée fédérale votent sans instructions.» Lorsqu'il rappelle l'article 161 de la Constitution, John Clerc, 62 ans, ne peut retenir un sourire. Entré aux Services du Parlement en avril 1972, le secrétaire général adjoint a vécu 152 sessions et en sait long sur les servitudes et les vertus des députés. La réserve que lui imposent sa fonction et son caractère placide l'incitent à ne pas commenter davantage.

Pourtant, il en aurait à raconter. La polémique qui a agité le Palais fédéral la semaine dernière au sujet des cartes d'accès à l'internet sans fil offertes par Swisscom aux parlementaires (environ 2000 francs pièce) n'est que la pointe de l'iceberg. Les parlementaires qui votent en toute indépendance sont une espèce en voie de disparition. Ces quinze dernières années, les lobbies ont incroyablement gagné en importance, au fur et à mesure que les partis politiques se sont affaiblis.

Marchands du temple Actuellement, 139 lobbyistes sont officiellement accrédités pour accéder au saint des saints: la Salle des pas perdus, située juste derrière l'hémicycle du Conseil national. Lorsqu'on les interroge, les parlementaires s'agacent sincèrement de la présence encombrante de ces marchands du temple. Ils ne peuvent s'en prendre qu'à eux-mêmes: chaque député a le droit de donner un laissez-passer à deux personnes, pas plus. Beucoup ont choisi des lobbyistes. Il serait même arrivé, souffle-t-on, que certains marchandent leurs accréditations.

Taupes au coeur du pouvoir En Suisse, «les premiers des lobbyistes restent les parlementaires eux-mêmes», dit Jochen Hoffmann, maître assistant à l'Université de Berne, qui travaille à un projet du Fonds national de la recherche scientifique sur la question. En jargon de politologues, poursuit-il, ces députés portent un nom sans équivoque: «built-in lobbyists», des sortes de taupes au service d'intérêts particuliers, placées au coeur même du centre de décision. L'ensemble des députés fédéraux est enrôlé dans les conseils de 1856 entreprises, fondations ou organisations. Si les intérêts de la plupart d'entre elles ne sont que rarement en jeu lors de discussions au Parlement, d'autres - plusieurs centaines - sont directement concernées.

Une première A la demande de L'Hebdo, Othmar Baeriswyl, chargé de cours à l'Université de Fribourg, a tenté pour la première fois de mesurer le degré de dépendance des parlementaires fédéraux. Depuis septembre dernier, il les a interrogés un à un au moyen d'un questionnaire, afin de connaître leurs revenus et leurs sentiments sur ce sujet, jusqu'à présent tabou. Sur 246 députés, 134 ont accepté de lui répondre, ce qui constitue un échantillon représentatif. Il a ensuite fallu interpréter les résultats et compléter les informations manquantes. Par chance, Othmar Baeriswyl connaît le business: avant de se reconvertir dans l'enseignement, il a lui-même vendu ses services durant douze ans au plus sulfureux des lobbies, celui du tabac.

Selon les déclarations des députés, les parlementaires fédéraux, ensemble, toucheraient chaque année au moins 4,8 millions de francs via des conseils d'administration. Othmar Baeriswyl estime que l'on peut «facilement doubler cette somme», soit au moins 10 millions de francs par année. D'une part, les parlementaires les plus impliqués dans les milieux économiques ont souvent refusé de s'exprimer. D'autre part, vérifications faites dans les cas où cela était possible, les déclarations étaient presque toujours en dessous de la réalité. «Même si le lobbying en Suisse est en train de se professionnaliser, poursuit-il, ces montants prouvent que nous ne sommes pas encore sortis de l'ère du copinage.»

Pas des enfants de choeur En moyenne, chaque parlementaire encaisse 40 000 francs. Même s'ils ne sont de loin pas tous des enfants de choeur (certains représentent de puissants lobbies comme l'USS ou l'ATE), les députés de gauche comptent moins de liens d'intérêts et ceux qu'ils occupent sont moins rémunérateurs. A droite, ce sont les radicaux et les démocrates-chrétiens qui trustent le plus grand nombre de mandats. Certains peuvent accumuler plusieurs centaines de milliers de francs. Faut-il pour autant considérer qu'ils sont achetés?

Quarante pour cent des députés interrogés admettent que ceux qui leur ont donné ces mandats en attendent une contrepartie. En revanche, seuls cinq parlementaires avouent se sentir influencés dans leur travail par de tels soutiens financiers (4%).

Petits cadeaux et gros mandats Cette contradiction apparente a son explication. En règle générale, les organisations de défense d'intérêts ou les entreprises proposent des postes à des parlementaires qui partagent leurs points de vue. Une sélection naturelle. «Jamais, jure l'ancien président du Parti radical Gerold Bührer, un conseil d'administration ne m'a dit ce que je devais voter.» Le Schaffhousois siège notamment à la vice-présidence du conseil d'administration de Swiss Life. Puisque l'entreprise est cotée en bourse, la rémunération moyenne des administrateurs est publique depuis l'an dernier: elle a été de 102 500 francs en 2004. En tant qu'administrateur de Georg Fischer, Bührer touche encore 50 000 francs de plus. Il n'y voit aucun problème: «Les Anglo-Saxons ont une relation très décontractée par rapport au lobbying; en Allemagne, par contre, on est tout de suite traité de vendu. En Suisse, c'est entre les deux...» Et Gerold Bührer, qui a étudié à Londres, de vanter les mérites du modèle anglo-saxon: «Il est essentiel que la politique et l'économie puissent échanger des idées.»

Croisé dans l'antichambre du Conseil national occupée par l'UDC, Peter Spühler, membre du puissant conseil d'administration d'UBS (qui le paie 300 000 francs par an), se montre tout aussi catégorique. «Moi, influençable? Je suis contre Schengen alors que la banque est pour», argumente-t-il. Ce qu'il ne dit pas, c'est que lors du vote final au Conseil national sur Schengen/Dublin, le 8 décembre 2004, il avait préféré ne pas voter, tiraillé entre la position de son parti et celle des milieux bancaires. En plus, il se bat d'ores et déjà comme un lion pour l'extension de la libre circulation (comme la banque, contre son parti).

Mais il faut reconnaître que Peter Spühler reste un cas à part. A la tête de l'entreprise Stadler Rail depuis 1989, il a fait fortune (entre 100 et 200 millions) en vendant des locomotives et des wagons de chemin de fer au quatre coins de la planète. «Ce n'est pas avec 300000 francs que l'on va m'acheter!», dit-il pour conclure cette conversation un brin embarrassante.

Débats parasités D'autres, en revanche, tirent une part importante de leurs revenus par ce biais-là. Le conseiller aux Etats Eugen David (PDC/SG), par exemple, est président de Helsana, le premier assureur maladie de suisse (1,6 million de personnes). En moyenne, chaque administrateur a touché 65 100 francs l'an dernier.

Le problème, c'est que Eugen David est également membre de la Commission de la sécurité sociale et de la santé publique du Conseil des Etats (CSSS) où se préparent toutes les lois concernant la politique de la santé. Dans la même commission, pratiquement aucun des treize membres n'est libre: Christoffel Brändli fait du lobbying pour Santésuisse, l'organisation faîtière des assureurs maladie; Erika Forster Vannini (PRD/SG) préside l'association de soins à domicile de son canton; Anita Fetz (PS/BS) est membre du conseil d'une fondation d'aide aux enfants malades; Bruno Frick (PDC/SZ) est président de la communauté d'intérêts de l'hôpital d'Einsiedeln, dont le but est de maintenir un hôpital régional sur place; Trix Heberlein (PRD/ZH) est présidente de Swiss Transplant et membre du conseil de la très chic clinique privée de Valens, au-dessus de Bad Ragaz, Alex Kuprecht (UDC/SZ) est assureur privé de profession, etc.

«Lors des débats, les positions des uns et des autres sont à ce point figées, explique le conseiller aux Etats Simon Epiney (PDC/VS), qu'une discussion sereine n'est plus possible.» Selon lui, les assureurs maladie en particulier, ont «un poids excessif au Parlement.» En clair, ils ont monnayé les faveurs d'un grand nombre de députés. «Il m'est arrivé plusieurs fois que des sociétés me proposent 20000 ou 30000 francs par an pour entrer dans leur conseil d'administration, raconte son collègue des Etats Jean Studer (PS/NE), mais j'ai toujours refusé.» «Il y en a qui font ça?, s'exclame le démocrate-chrétien jurassien Pierre Kohler, élu au National en octobre 2003. Je voudrais bien siéger dans quelques conseils d'administration, moi. On ne m'en a pas proposé.» Il devrait bientôt être comblé. Selon l'étude d'Othmar Baeriswyl, 72% des parlementaires ont obtenu des mandats après leur élection. "

 

BON je sais l'article dates de 2005, mais je suis entrain de verfifier en 2010 comment les choses évoluent, et c'a vraiment pas l'air d'avoir changé.

 

Source Article: http://www.hebdo.ch/comment_on_achegravete_les_parlementaires_20203_.html

Publié dans Politik

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paolo 25/12/2015 21:14

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Reffet Loic 06/02/2014 15:16

Monsieur,

Dans le cadre de mon mémoire de Master en Business Communication de Université de Fribourg, département des sciences économiques et sociales, je conduis une recherche sur la perception de la
population suisse vis-à-vis du lobbying.

Je cherche à récolter un maximum de données quantitatives via un formulaire de sondage online afin de comprendre la position de la population face à des pratiques qu'elle connaît très mal.

Afin d'aboutir sur une recherche complète grâce à l'avis de nombreux internautes, serait-il possible de placer le lien de mon sondage sur votre site ?

Je reste à votre entière disposition pour toute question éventuelle.

Meilleures salutations

L. Reffet

Dragan 24/07/2010 17:22


Je t'encourage à venir rejoindre le groupe qui est en train de se former autour du forum suivant: http://codenameutopia.alwaysdata.net/forum/index.php

Ensemble, on pourra peut-être tenter d'avancer dans le bon sens...


Auffroy 14/07/2010 12:13


Bonjour, seriez vous intéressé par un poste de modérateur-responsable des infos sur le thème nature et santé sur notre forum qui débute sur internet ? Ne soyez pas impressionné par le titre du site
(conspiration), ce sont les noms mélangés des magazines avec lesquels nous sommes en partenariat d'ici septembre et qui publieront le meilleur article des membres à chaque parution.

Pour plus d'info envoyez moi un mail merci ;)
A bientôt j'espère


organik 09/10/2010 21:50



Bonjour, je suis désolé de vous répondre si tardivement. Je ne suis pas venu depuis un moment sur ce blog. Merci pour votre attention. J'imagine que malheureusement vous avez déjà trouvé du
monde.


Si vous cherchez encore du monde, faite moi signe...


Bon week-end